“Le Corps des Vénus” Philippe Verrièle

 

EXPOSITIONS:

 

Catherine Thomas « le corps des Vénus »

 

Théorie de formes sombres, réduites à un trait trop gras, ou trop ténu, imprécises et parlantes qui affichent le corps puissant de femme comme les graphismes abstraits d’un sismographe charnel. Même ainsi traduit en noir et blanc, le travail de Catherine Thomas possède de très paradoxales qualités. Il est un véritable éloge à la sensualité féminine, mais celle-ci se cache au cœur d’un buisson de traits qui semble inextricable. Il est un raffinement de texture et de matière (sous le dessin, le papier est largement coloré, couvert de feuilles d’or, voire pour les grands formats, de ces papiers de soie que les Chinois utilisent pour leur cérémonie de divination). Mais il est brut, rugueux, presque colérique. Chaque petit aperçu sur ces corps est traité comme un croquis unique mais prend son sens véritable dans ses séries où, juxtaposés, ils se répondent comme les images dans la pellicule d’un film.

Surtout, les œuvres de Catherine Thomas affirment un corps de femme, puissamment ancré dans le sol. Quelque chose qui appartient au registre archaïque des idoles chtoniennes. Une déesse de fertilité dont la forme graphique serait une adaptation moderne des rêveries rupestres. On se prend à rechercher alors dans ces formes une signification mystique, la traduction d’un rite religieux. Il n’est d’ailleurs pas certain que cela ne soit pas le cas, mais ce ne serait qu’une partie de la question. Car ces déesses, ces idoles, sont d’abord un répertoire de formes que l’artiste multiplie pour retrouver la puissance des textures et la magie du geste de peindre.

Ce balancement, alternance d’élaboration conceptuelle et de retour au primitif, Catherine Thomas le trouve sans doute aussi dans la danse que cette fille du sud, affichant fortement son ascendance méditerranéenne, invoque comme une source inextinguible de son travail. Une danse dont des déesses-mères sophistiquées seraient les interprètes.

 

Philippe Verrièle. Les Saisons de la Danse. Janvier 2001

 

 

Catherine Thomas est née à Tanger en 1961. En 1980, elle s’installe à Vanves dans la proche banlieue parisienne et s’engage dans des études d’arts plastiques qu’elle pousse assez loin (Penninghem, ENSBA Paris, Université Paris-VIII). Elle expose dans des manifestations collectives et individuelles.

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